Après des mois de pression et de lobbying menés par Greenpeace et différents groupes environnementaux, Nippon Suisan (un des principaux négociants japonais de produits de la mer, plus communément appelé Nissui) et deux autres compagnies privées ont annoncé qu’elles allaient céder les actions qu’elles détenaient jusque-là dans Kyodo Senpaku, société nippone détenant et gérant la flotte des baleiniers.
Greenpeace a salué cette décision. Si elle n’entraînera pas directement l’arrêt de la pêche « dite scientifique », elle a clairement montré qu’il n’existe aucun intérêt commercial dans la poursuite de la poursuite de la chasse baleinière.
Nissui a été amené à prendre cette décision suite au lobbying mené lors des derniers mois par Greenpeace et d’autres associations à la fois en pleine mer et dans la rue pour mobiliser les consommateurs.
Gortons (filiale américaine à 100 % de Nissui) et Sealord (filiale néo-zélandaise détenue à 50 % par l’industriel japonais) toutes deux spécialisées dans la grande distribution de produits de la mer, ont donc été harcelées par des consommateurs demandant que leur maison-mère se retire du capital de Kyodo Senpaku.
En Argentine par exemple, plus de 20 000 eMails ont été envoyés aux directions et des milliers d’autocollants dénonçant la pêche baleinière apposés sur les produits de Nissui dans les supermarchés.
« En se retirant ainsi Nissui et les autres actionnaires envoient un message fort à l’intérieur et à l’extérieur de l’Archipel. L’industrie baleinière, Kyodo Senpaku en tête, doit comprendre que le contexte dans lequel elle évolue a changé. Le prétexte de la chasse scientifique a vécu. Associations et consommateurs viennent de montrer en quelques mois que ces pêches inadmissibles ne peuvent plus durer et qu’il faut assainir cette activité », analyse Aurèle Clémencin, chargé de campagne océan.
Nissui a ainsi indiqué qu’elle allait cesser ses activités de vente de viande pêchées lors des campagnes de « recherches scientifiques ». Mais un grave problème persiste : alors que la base commerciale et les revenus de la pêche s'effritent, le gouvernement japonais continue toujours d’investir massivement l’argent public dans l'achat de votes des membres de la Commission Baleinière Internationale (CBI) . Objectif de la délégation japonaise : faire valider sa campagne de recherche létale et la reprise de la chasse commerciale.
« Il est clair que derrière la seule question de la pêche, d’autres intérêts influencent les votes et les prises de décision, rappelle Aurèle Clémencin, En voulant à tous prix maintenir artificiellement en place une activité économique dangereuse et dépassée, le Gouvernement ne rend ni services aux industriels nippons ni aux populations de baleines. Les pays historiquement anti-chasse comme l'Australie, le Royaume-Uni, les Etats-Unis ou la France doivent absolument maintenir leur position en juin prochain pour le contrer. »
1) L'Agence des Pêches du Japon souhaite obtenir la majorité qualifiante à la prochaine réunion de la CBI en Juin 2006 à St Kitts et Navis pour élire le président, le vice-président et contrôler ainsi l’organisme.
|